Note de terrain · Août 2026
Vous ne recrutez pas un ingénieur IA — vous ne savez pas encore lequel
Le directeur technique d’une ETI industrielle appelle un cabinet de recrutement. Il dit : « On cherche un ingénieur IA. » Le cabinet pose trois questions et comprend que ce qu’il lui faut, c’est un data engineer capable de structurer un pipeline de données avant même qu’un modèle n’entre en jeu. Deux métiers différents, deux viviers différents, deux salaires différents. La fiche de poste était fausse dès la première ligne.
Ce n’est la faute de personne. L’IA est un mot-valise. Derrière, il y a le ML engineer qui entraîne des modèles, le MLOps qui les met en production, le data scientist qui analyse, le prompt engineer qui cadre les usages, le dev Python qui branche une API. Quand une entreprise dit « on veut de l’IA », elle exprime un besoin réel — mais elle le nomme mal. Et un brief mal nommé produit des candidatures qui ne collent pas, des entretiens qui tournent en rond, et un poste qui reste ouvert trois mois.
Le recrutement ne commence pas quand on publie l’offre. Il commence quand on sait exactement quel problème le poste doit résoudre.
Les cabinets de staffing tech le savent. Les meilleurs d’entre eux passent plus de temps à recadrer le brief qu’à sourcer des candidats. Mais ils ne peuvent recadrer que s’ils ont accès au bon interlocuteur — celui qui connaît le problème métier, pas celui qui a recopié un intitulé LinkedIn. Quand le brief part des RH sans passer par le technique, le cabinet reçoit une liste de mots-clés. Quand il part du CTO sans passer par les RH, il manque le budget et le calendrier. Les deux doivent être dans la pièce.
38 % des PME françaises ont adopté un outil IA en 2026. Chacune de ces adoptions crée un besoin de recrutement. Et chacun de ces recrutements commence par la même question : de qui a-t-on réellement besoin ? La réponse n’est presque jamais celle que l’entreprise avait en tête au départ.
Mon métier, c’est de poser la question avant de faire la mise en relation. Un cabinet qui reçoit un brief propre ferme le poste. Un cabinet qui reçoit un brief flou perd du temps — et le candidat part ailleurs.
— Enzo Justilhomme met en relation les entreprises qui recrutent en tech et IA avec les cabinets de staffing capables de fermer le poste.