Note de terrain · Août 2026
Le problème n’est pas le salaire, c’est la vitesse
Un CTO ouvre un poste de ML engineer un lundi. Il rédige la fiche, la fait valider par les RH, la publie le jeudi. Le vendredi, un cabinet spécialisé a déjà présenté le même profil à trois autres clients. Le candidat signe ailleurs le mardi suivant. Le CTO n’a même pas encore reçu son premier CV.
On parle beaucoup de la pénurie de talents tech en France. Les chiffres sont réels : 46 000 ingénieurs formés par an pour 100 000 nécessaires, un taux de chômage à 2,7 % dans la profession. Mais la pénurie n’explique qu’une moitié du problème. L’autre moitié, c’est le temps que met l’entreprise à se décider.
Le candidat ne disparaît pas parce qu’il est trop cher. Il disparaît parce que quelqu’un d’autre a dit oui avant vous.
Les cabinets de recrutement tech qui ferment les postes le font en treize jours. Pas parce qu’ils ont un vivier magique — parce qu’ils ont un process court : un brief cadré le jour un, trois profils qualifiés le jour cinq, un entretien final avant le jour dix. Les entreprises qui perdent leurs candidats mettent en moyenne cinq semaines et quatre tours d’entretiens. Le profil senior en IA qui accepte ce calendrier est celui que personne d’autre ne voulait.
Et l’accélération continue. 655 millions d’euros supplémentaires viennent d’être injectés dans l’IA via France 2030. Chaque euro financé déclenche un recrutement. Chaque recrutement entre en compétition avec tous les autres pour le même bassin de profils. Le prix d’un poste non pourvu, ce n’est pas le coût du recrutement — c’est le trimestre de retard sur le projet que le poste devait porter.
Mon métier n’est pas de trouver des candidats. C’est de mettre l’entreprise en face du cabinet qui sait aller vite — avant que le profil ne soit pris.
— Enzo Justilhomme met en relation les entreprises qui recrutent en tech et IA avec les cabinets de staffing capables de fermer le poste.